Paco Ibáñez, toujours de noir vêtu, serrant dans ses bras sa guitare, est debout sur la scène du Liceo, prêt à descendre une fois de plus la rivière des mots née avec l’Archiprêtre de Hita et qui, à travers le coeur d’autres grands poètes, se jettera dans n’importe quelle mer, en catalan, en castillan, en français, en galicien, en basque ou en provençal.
De tous les talents du corps, la voix est l’expression qui défie le mieux le temps, celle qui colle le plus à l’âme. La voix de Paco Ibáñez conserve très pur le son rude et rituel, qui s’introduit dans chaque poème pour le transformer en une phrase musicale très vivante, égale à elle même, toujours renouvelée. Parfois, les vers qui s’entrechoquent dans sa voix s’écoulent canalisés par la colère du résistant, d’autres fois, ils coulent calmés par le son monocorde de l’eau, qui entraîne sur chaque rive jusqu’à l’embouchure le limon trouble d’une vie de bohème épuisante. Il nous reste les mots des grands poètes. Il nous reste la passion de Paco Ibáñez, sa courageuse détermination. de los grandes poetas. Nos queda la pasión de Paco Ibáñez, su coraje.
