Pilar del Río

 

...ces poètes au lyrisme facile ne sont pas non plus sur ma photo, mais Paco Ibáñez oui, lui qui, un peu plus tard, depuis l’éloignement de l’exil, nous a appris à chanter la meilleure poésie espagnole, si bien que tous les soirs, devant la porte de Mari Lola, de Mari Rosi ou d’Octavio nous chantions, avec les guitares des Serrano et la nonchalance de Salva et de Luisito, les chansons d’une liberté que déjà nous devinions forte. Car avant, nous n’étions pas libres, mais nous ne le savions pas.

Par la suite, nous n’étions pas libres non plus, mais nous savions déjà qu’Alberti nous exhortait “à galoper, à galoper, jusqu’à les enterrer dans la mer” et c’est ainsi qu’a commencé notre éducation sentimentale, nous avons fini par comprendre que l’on ne nous offrirait jamais la liberté des plus beaux rêves, qu’il nous faudrait la conquérir, et chanter a été le premier pas...
Les jours inébranlables de la mémoire

 

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