José Agustín Goystisolo

 

“... il est arrivé chez moi avec une guitare... et s’est mis à expliquer qu’il aimait mettre en musique et chanter les poèmes de certains poètes. Ce devait être en 1968, je crois, je ne me souviens pas très bien.... Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir échangé quelques mots, il se mit aussitôt à chanter des poèmes...

J’en fus stupéfait : sa musique et sa voix donnaient une dimension nouvelle, et pour moi inconnue, aux paroles de ces poèmes ... et, à l’improviste, il chanta deux ou trois de mes poèmes. Cela me fit peur. Je n’ai pas eu le temps de me sentir flatté, car j’ai eu peur. On aurait dit les poèmes de quelqu’un d’autre, écrits pour être chantés ou écrits en chantant ... ses chansons, non pas les poèmes, étaient quelque chose de nouveau, beau et surprenant, mais ils possédaient aussi une saveur venue de loin, entre Moyen- âge et Renaissance, et en tout cas celle des Troubadours ...”

 

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