bio-1966-1969

Avec divers acteurs culturels installés dans la capitale française, il fonde la “Carraca” où sont présentés des spectacles en espagnol (représentations théâtrales, expositions de peinture, colloques littéraires, manifestations musicales et projections cinématographiques).

La “Carraca” organise le Premier et Deuxième Festival Espagnol au “Théâtre de la Commune” d’Aubervilliers. Raimon, Pi de la Serra et Luis Cilia, entre autres, participent au premier festival. En 1967, Carlos Saura, Antonio Membrado, Victor Mora, Arroyo, Gorris, Ortega, Antonio Saura... participent au deuxième.

À cette époque-là, la maison des Ibáñez à Paris est un lieu de passage et d’accueil pour de nombreux artistes, hommes politiques et intellectuels espagnols qui se retrouvent dans la capitale française (pour des allers et des retours de l’exil ou de simples escapades pour respirer un peu de liberté).

Le deuxième disque de la collection “L’Espagne d’aujourd’hui et de toujours” sort en 1967 avec des poèmes de Rafael Alberti, Luis de Góngora, Blas de Otero, Gabriel Celaya, Miguel Hernández et Francisco de Quevedo. Un autre classique. Cette fois, le disque sera illustré par José Ortega.

En mai ‘68, dans une émission de la TV française Raoul Sangla présente en direct le disque et Ortega, le peintre qui a réalisé l’illustration. Dans cette émission, il chante “La poésie est une arme chargée de futur”, de Gabriel Celaya et “la Ballade de celui qui n’est jamais allé à Grenade”, de Rafael Alberti. La voix de Paco s’élève devant les jeunes français au nom d’un peuple bâillonné.

À “La Mutualité”, à Paris, il participe à un hommage à Rafael Alberti pour son retour en Italie après son exil argentin. Le poète entend pour la première fois ses poèmes chantés et une étroite amitié naît entre les deux hommes qui les mènera, des années plus tard, à partager la scène.

Février 1968 est une date importante dans l’histoire de Paco : son premier concert en Espagne, concrètement à Manresa, durant la “Première Rencontre de la Chanson de Témoignage”. À partir de là, son activité s’étend à diverses Universités et il chante aussi à la TVE “Andalous de Jaén”, de Miguel Hernández. Ce jour-là, il rencontre personnellement Atahualpa Yupanqui avec lequel, au fil du temps, il se liera d’une grande amitié et réalisera plusieurs concerts.

Aussitôt après, il s’installe à Barcelone où il entre en contact avec José Agustín Goytisolo, une autre amitié qui se transformera en une collaboration intime.

En décembre de cette même année, il donne son concert historique au Théâtre de la Comédie de Madrid. La plupart de ses chansons ne sont pas censurées et le concert est retransmis à la radio. En pleine époque franquiste, son répertoire, des poèmes revendicatifs pour la défense des libertés, atteint un large public. Sa voix touche l’Espagne.

Le 12 mai 1969, pour le premier anniversaire de son occupation par les étudiants, il donne un concert à La Sorbonne. Une petite affiche jaune réalisée par les étudiants et collée sur les arbres, sur les vitres des cafés, dans les couloirs des salles de cours, annonce un concert de “Paco Ibáñez, la voix libre de l’Espagne”, dans la salle Richelieu.

L’affluence des étudiants fut telle que les organisateurs durent transformer la grande cour en salle de concerts et la statue de Victor Hugo fut assaillie comme aux meilleurs jours de la révolte des étudiants.

La musique et la parole franchissent les frontières de la langue en un acte de communion totale, lesétudiants français s’identifient à lui et en font l’un de leurs symboles. Cette même année, il sort son troisième disque avec des poèmes de Rafael Alberti, Cernuda, León Felipe, Gloria Fuertes, Machado, Goytisolo.... L’auteur de la peinture qui illustrera le disque est Antonio Saura.

En décembre, il donne un concert mémorable à l’Olympia de Paris, autre acte de communion totale avec le public français. Un double album témoigne de cette veillée magique. À l’Olympia, il chante pour la première fois une chanson de Brassens traduite en castillan.

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